DECLARATION N° 002/2013 DU CEFCI RELATIVE A LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME

Décrétée par les Nations Unis en 1977, la journée internationale de la femme est célébrée le 08 Mars de chaque année afin de reconnaître le rôle des femmes dans le développement durable et faire le point sur les progrès qui ont été faits en matière d’égalité, de justice et de paix.

A l’occasion de la 36è journée internationale de la femme, le thème choisi est «  une promesse est une promesse : il est temps d’agir pour mettre fin à la violence contre les femmes ».

Ce thème nous interpelle sur les nombreux cas de violences (violences  sexuelles,  physiques, psychologiques, morales, violences liées à des pratiques coutumières, violences économiques, etc) dont sont encore victimes les femmes à travers le monde malgré l’existence des textes  internationaux et nationaux de  protection de la femme ainsi que les efforts des organisations de la société civile pour lutter contre ce fléau.

En témoigne les statistiques au niveau international qui démontrent que 70% des femmes à travers le monde ont subi des violences physiques et/ou sexuelles.

Pourtant la plupart des Etats du système des Nations Unis ont adopté plusieurs textes tels que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination faites à l’égard des femmes (CEDEF) afin de mieux protéger la gent féminine contre les violences basées sur le genre et mettre fin aux violences à l’endroit des femmes.

La CEDEF exige que les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour mettre fin à la violence.

Il convient de faire remarquer que des efforts ont été fait mais beaucoup reste encore à faire afin de prévenir et mettre fin aux violences dont sont victimes les femmes. Cela nécessite l’engagement de tous, notamment des gouvernants, des organisations de la société civile, des médias et des populations à travers des actions de promotion et de protection de la femme et surtout de la petite fille.

En Côte d’Ivoire, le thème de la journée de la femme est  « Hommes et femmes, ensemble  pour une Côte d’Ivoire nouvelle et réconciliée ». Ce thème met en exergue le rôle que doit jouer la femme dans une Côte d’Ivoire qui sort d’une grave crise postélectorale au cours de laquelle, de nombreuses femmes ont été victimes de violences.

Ainsi, le processus de réconciliation et de reconstruction post-crise exige une implication aussi bien des femmes qui constituent plus de la moitié de la population que des hommes.

Le Centre Féminin pour la démocratie et les droits humains en Côte d’Ivoire (CEFCI), ONG de promotion des droits de la femme,  voudrait faire une analyse de l’implication  des femmes dans le processus de réconciliation et de reconstruction  en Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire qui réapprend à vivre et à emprunter le chemin de la réconciliation de tous ses fils et ses filles  après une décennie d’instabilité et d’incertitude a besoin de l’apport de tous, notamment des femmes afin de relever le défi de la réconciliation nationale.

L’implication des femmes qui ont joué et continuent de jouer un rôle capital dans le processus de réconciliation,  pourrait se traduire par des campagnes de sensibilisation, des actions de mobilisation et de rassemblement à travers des activités récréatives pour une Côte d’Ivoire réconciliée.

Aussi, les femmes qui sont mères, épouses et filles,  sont – elles de potentielles actrices de paix et vecteurs de messages de réconciliation au sein de la cellule familiale et de leur environnement.

Le CEFCI profite de la commémoration de la 36è journée internationale de la femme  pour rendre hommage à toutes les femmes et recommande ce qui suit :

  • Multiplier les actions de lutte contre les Violences faites aux femmes et à la petite fille
  • Prendre des mesures appropriées pour une meilleure promotion et protection de la femme
  • Veiller à l’application effective des textes liés à la non-discrimination des femmes
  • Multiplier les actions de promotion et de vulgarisation des droits de la femme et de la petite fille
  • Adopter des politiques nationales et de réformes institutionnelles qui répondent aux besoins des femmes
  • Impliquer davantage les femmes dans le processus de réconciliation nationale et permettre aux femmes victimes d’obtenir réparation
  • Créer et soutenir des Activités Génératrices de Revenus au profit des femmes
  • Favoriser l’implication effective des femmes dans les actions de développement de proximité et de gouvernance locale.

Fait à Abidjan, le 06 Mars 2013

Pour le CEFCI

La Présidente / Nathalie Koné TRAORE