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INTERVIEW DE Mme TRAORE - PRESIDENTE DU CEFCI (8 mars 2010)
‘’La pauvreté a encore un visage féminin’’
‘’Femmes, battons-nous pour que notre valeur intrinsèque soit reconnue’’
Présidente du Centre féminin pour la démocratie et les droits humains en Côte d’Ivoire, Madame Traoré-Koné Nathalie regagnait Abidjan dimanche dernier, après avoir observé la présidentielle au Togo, lorsque nous lui tendions notre micro. Elle révèle son expérience de femme battante au milieu des hommes. Dans le passionnant combat de la société civile.
Quel regard portez-vous sur l'application des Droits de l'Homme, au bénéfice surtout de la femme en Côte d'Ivoire?
Merci pour l’opportunité que vous m’offrez. Je pense que beaucoup a été fait pour une amélioration des droits de femme en Cote d’Ivoire. Scolarisation de la petite fille, lutte contre la pauvreté, lutte contre le VIH SIDA et bien d’autres domaines ont été touchés depuis notre indépendance pour la libérer du joug de la pauvreté et de la vulnérabilité. Je respecte ces efforts mais je reste convaincue que beaucoup reste à faire, car la pauvreté a toujours un visage féminin. Il y a très peu de femmes représentées au niveau des institutions et au niveau de notre organisation, nous pensons que le défi est à ce niveau.
Vous avez su vous faire une place, au milieu des hommes, comme une intrépide actrice de la société civile ivoirienne. Ce combat est-il gagné d'avance? Est-il facile?
Oui merci, pour ce compliment. En fait, rien n’est facile et il est bon de toujours se battre pour que sa valeur intrinsèque soit reconnue en tant que personne. C’est la vision que j’ai toujours eu depuis maintenant 12 ans que je milite dans la société civile.
Je m’y suis engagée pour une amélioration des droits des femmes, de la démocratie et de la promotion d’un état de droit en Afrique.
Je me suis donc engagée dans cette voie par passion et surtout par amour pour les autres. Cela, parce que j’ai toujours eu la conviction que c’est par l’engagement qu’on peut transformer les conditions de vie des uns et des autres. Les hommes en général sont des partenaires qui nous soutiennent dans notre action. En clair, ce n’est pas un combat gagné d’avance mais c’est l’abnégation, l’engagement et la constance qui nous donnent les résultats que nous avons réussi à obtenir.
En cette fête des femmes, vous avez certainement des conseils ou exhortations en direction de vos sœurs et mamans?
Je tiens à féliciter Ouaga Info pour l’opportunité qu’il offre aux femmes en général à pouvoir échanger et partager leurs expériences. Je crois personnellement en les capacités des femmes à apporter une contribution durable à la construction de l’Afrique. « Il n’est pas possible de faire avancer quelqu’un qui est assis ! ». Je demande donc à toute femme, là où elle est à se battre et mener les actions nécessaires pour une avancée de leur situation. Aussi, le développement d’une communauté, d’un pays, repose sur les femmes. J’invite donc les hommes qui sont nos pères, nos époux, nos frères et nos amis à nous soutenir dans ce combat quotidien. En ce jour du 08 mars, je leur souhaite une très bonne fête et d’œuvrer afin que chaque jour de l’année soit une fête et la consécration de leurs efforts. Que cette fête, au-delà de son aspect sporadique et festif, soit un véritable engagement des autorités de Côte d’ivoire pour une amélioration des droits des femmes. Je vous remercie.
Epiphane Yala, Abidjan, Ouaga.info |
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