L’excision en Côte d’Ivoire : état des lieux, conséquences et solutions pour l’éradiquer
L’excision, aussi appelée mutilation génitale féminine (MGF), demeure une réalité préoccupante en Côte d’Ivoire malgré les avancées législatives et les nombreuses campagnes de sensibilisation. Cette pratique ancestrale, souvent perçue comme une norme sociale, pose de graves problèmes de santé et constitue une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles.

L’excision, aussi appelée mutilation génitale féminine (MGF), demeure une réalité préoccupante en Côte d’Ivoire malgré les avancées législatives et les nombreuses campagnes de sensibilisation. Cette pratique ancestrale, souvent perçue comme une norme sociale, pose de graves problèmes de santé et constitue une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles.
Dans cet article, nous faisons le point sur la situation de l’excision en Côte d’Ivoire, ses conséquences et les initiatives mises en place pour y mettre fin.
L’excision en Côte d’Ivoire : état des lieux
Selon les données de l’UNICEF et de l’ONU Femmes, près de 36 à 38 % des femmes ivoiriennes âgées de 15 à 49 ans ont subi une forme d’excision. La pratique est plus répandue dans certaines régions rurales et chez certaines communautés où elle est perçue comme :
un rite de passage à l’âge adulte,
une condition pour le mariage,
ou encore une manière de contrôler la sexualité des femmes.
Malgré son interdiction par la loi n°98-757 du 23 décembre 1998, qui punit les mutilations génitales féminines, l’excision continue de se pratiquer dans la clandestinité, souvent avec la complicité de familles et de communautés.
Conséquences sanitaires et sociales
L’excision a de lourdes conséquences sur la vie des femmes et des filles, tant sur le plan physique que psychologique :
1. Conséquences médicales immédiates
Douleurs intenses,
Hémorragies sévères,
Risques d’infections (y compris VIH/Sida),
Choc pouvant entraîner la mort.
2. Conséquences à long terme
Complications lors de l’accouchement,
Stérilité,
Douleurs chroniques,
Problèmes urinaires et menstruels.
3. Conséquences psychologiques
Traumatisme durable,
Perte de confiance en soi,
Dépression et troubles post-traumatiques.
4. Conséquences sociales
L’excision perpétue les inégalités de genre et prive les filles de leurs droits fondamentaux, notamment celui à la santé, à l’intégrité physique et à la dignité.
🛡️ Le cadre légal et les initiatives en Côte d’Ivoire
Depuis 1998, la législation ivoirienne punit sévèrement toute pratique d’excision. Toutefois, l’application de la loi reste un défi, car la pratique est profondément ancrée dans certaines traditions.
De nombreuses ONG, associations et organisations internationales travaillent en synergie avec le gouvernement ivoirien pour lutter contre l’excision à travers :
des campagnes de sensibilisation dans les communautés,
l’éducation des jeunes filles et des familles,
la formation et l’implication des leaders religieux et communautaires,
le soutien médical et psychologique aux survivantes.
🌍 Vers une éradication durable
Pour éradiquer l’excision en Côte d’Ivoire, il est essentiel de combiner plusieurs approches :
Renforcer l’éducation des filles et leur autonomisation,
Promouvoir des rites de passage alternatifs respectueux de la dignité,
Appliquer rigoureusement la loi,
Mobiliser les hommes et les garçons dans la lutte contre les violences basées sur le genre,
Intensifier les partenariats entre l’État, les ONG, les médias et les organisations internationales.
Conclusion
L’excision en Côte d’Ivoire reste un défi majeur pour les droits des femmes et des filles. Bien que des progrès aient été réalisés, il est urgent d’intensifier les efforts pour changer les mentalités, protéger les victimes et sanctionner les auteurs.
Chaque geste compte : sensibiliser, informer et agir permet de bâtir une société où les filles grandissent libres, en bonne santé et respectées.
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